Maintenir le contact à distance

Maintenir le contact à distance

Par Ariane Lelarge Emiroglou

 

Après des mois de confinement, de déconfinement, puis de reconfinement, les Québécois ne sont pas près de réintégrer pleinement leurs lieux de travail. Le télétravail est devenu la nouvelle norme et les employés se sont habitués à interagir en ligne. À l’heure de cette rentrée inédite, sous la menace d’une deuxième vague qui s’annonce éprouvante, il est primordial de maintenir des liens qui vont au-delà des messages laconiques et des sempiternelles émoticônes.

Si le travail à domicile est un privilège en ce contexte de pandémie, nous sommes nombreux à souffrir d’un sentiment de solitude et du manque d’interactions avec nos collègues, avec lesquels le temps des échanges autour de la machine à café et des apéros du vendredi semble lointain.

Le télétravail ne date pas d’hier, et chez Cartier et Lelarge, nous l’avons adopté, avec parcimonie, il y a plusieurs années. Récemment, nous avons mis en place plusieurs solutions pour renforcer l’esprit d’équipe et multiplier les échanges entre collègues.

L’une de nos activités les plus populaires est sans doute la Fika. Ce mot suédois provenant de « kaffe » (café) désigne une pause – avec ou sans café – qui a lieu généralement deux fois par jour, le matin et l’après-midi. Ce rituel quotidien devenu une véritable institution en Suède vise à prendre de la distance par rapport au travail, en favorisant la détente et les discussions informelles, le tout accompagné de gourmandises, sucrées ou salées. L’idée est de savourer pleinement ce temps d’arrêt, à l’inverse des shots de caféine à l’américaine visant à recharger rapidement les batteries. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, plusieurs études montrent que les pauses au travail contribuent à augmenter la productivité, en rehaussant la satisfaction des employés et en favorisant leur créativité.

Chez Cartier et Lelarge, la Fika est proposée par vidéoconférence deux fois par semaine, sur le temps de travail, et chacun est libre d’y participer, selon son horaire et ses envies. Au programme : jeux-questionnaires, remue-méninges sur toutes sortes de questions personnelles ou d’actualité, accueil des nouveaux employés et stagiaires… c’est l’occasion de décompresser tout en apprenant à mieux connaître nos collègues. Récemment, nous avons remarqué que nous sommes de plus en plus enclins à nous ouvrir, notamment sur les moins bons côtés de la vie. Les liens de confiance se renforcent au fil des conversations qui, par ricochet, gagnent en authenticité.

En dehors de la Fika, nous continuons d’échanger par d’autres moyens. Sur la plateforme Workplace, nous partageons, en mots et en images, les petits moments qui égaient notre quotidien. Et nous concluons maintenant nos réunions d’équipe hebdomadaires par des témoignages de reconnaissance envers nos collègues qui se sont démarqués. Dans ce contexte de distanciation, les marques de gratitude peuvent faire le plus grand bien, autant pour celui qui les donne que pour celui qui les reçoit.

Comme la réalité virtuelle ne peut remplacer les contacts humains, nous avons récemment organisé un apéro au parc – dans le respect des consignes de distanciation sociale – pour marquer la rentrée, l’arrivée de nouveaux collègues… et nos premières retrouvailles depuis le début du confinement! Au menu : cocktails pétillants, cupcakes faits maison, et conversations enjouées jusqu’à la tombée du jour. Célébrer les étapes importantes est un excellent moyen de cultiver la solidarité et l’entrain, au travail comme dans la vie personnelle.

Sur la toile, les idées pour maintenir les liens en télétravail ne manquent pas : défis et concours, dîners en vidéoconférence, activités sportives en ligne, groupes de discussions thématiques… chacun peut y trouver son compte, selon ses besoins et ses champs d’intérêt.

En attendant que les bureaux redeviennent des lieux vivants et dynamiques, nous multiplions les occasions d’échanger, en accordant la priorité à la communication – pour rester motivés et épanouis, mais aussi parce qu’elle est au cœur de notre travail.